Édition n°2 · Semaine du 12 octobre 2026

Dubaï & Co

l'hebdo de l'investisseur

L'actualité du Golfe, décodée pour l'investisseur immobilier francophone. Lecture : 3 minutes.

L'édito

Bonjour à tous,

La semaine dernière, je vous parlais d'un marché dubaïote qui « respire ». Les chiffres du troisième trimestre sont tombés, et ils confirment la tendance, avec un net ralentissement des ventes.

Mais le vrai fil rouge de cette semaine, c'est la mise en ordre du marché. Dubaï encadre enfin la colocation et la sur-occupation des logements, Abu Dhabi durcit la formation de ses agents immobiliers, et le crédit coûte un peu plus cher depuis septembre.

Pour l'investisseur, moins d'euphorie et plus de règles, c'est plutôt sain : on achète sur des bases plus solides. À condition de bien connaître ces nouvelles règles. On fait le point.

Les 3 news de la semaine

1. 📉 Dubaï : coup de frein sur les ventes au 3e trimestre

De juillet à septembre, Dubaï a enregistré environ 34 000 ventes résidentielles pour 72,6 milliards de dirhams, selon le cabinet Cavendish Maxwell. C'est 38 % de transactions en moins et 47 % de montant en moins qu'un an plus tôt. Le cabinet précise qu'une partie de cette baisse s'explique par un décalage entre la signature des ventes et leur enregistrement officiel. L'achat sur plan pèse toujours 72 % des ventes. De son côté, l'agence de notation S&P Global estime que les prix ont reculé de 5 à 15 % entre fin 2025 et septembre, et anticipe une correction progressive plutôt qu'une chute brutale, plus marquée sur les appartements que sur les villas.

👉 Ce que ça change pour vous : le rapport de force continue de basculer vers l'acheteur. Sur le marché de la revente, n'hésitez pas à négocier et à comparer avec les prix réellement enregistrés dans l'immeuble. Mais gardez la tête froide : un marché qui corrige peut encore baisser un peu. Achetez un bien que vous êtes prêt à garder plusieurs années, pas un pari sur une revente rapide.

2. 🏢 Dubaï encadre la colocation et la sur-occupation

Une nouvelle loi (loi n°4 de 2026) réglemente désormais le « logement partagé », c'est-à-dire les biens loués à plusieurs occupants qui ne forment pas une seule famille. Elle est en vigueur depuis le 8 septembre, et la municipalité de Dubaï en a détaillé les règles cette semaine. Ce type de location n'est autorisé que dans une quarantaine de quartiers désignés, avec un permis obligatoire. Chaque chambre doit offrir au moins 5 m² par personne, et chaque famille doit disposer de sa propre chambre avec salle de bain. Les propriétaires ont un an pour se mettre en conformité. Les amendes vont de 500 à 500 000 dirhams, et jusqu'à 1 million en cas de récidive.

👉 Ce que ça change pour vous : si vous louez votre bien « à la chambre » ou si votre locataire sous-loue, vous êtes directement concerné. Interdisez la sous-location dans votre bail et faites-la respecter par votre gestionnaire. À plus long terme, c'est une bonne nouvelle : les immeubles sur-occupés se dégradent plus vite et font baisser la valeur de tous les appartements, y compris le vôtre.

3. 🎓 Abu Dhabi muscle la formation de ses agents immobiliers

Le régulateur immobilier d'Abu Dhabi (ADREC) a annoncé le 8 octobre une nouvelle formation obligatoire pour obtenir une licence d'agent immobilier. Elle couvre le droit, les pratiques du marché et la déontologie, et se termine par une simulation de transaction et un examen final. Le titre obtenu, « ADREC Certified Broker », devra être renouvelé chaque année pour suivre l'évolution de la loi. L'émirat compte aujourd'hui environ 3 300 agents licenciés.

👉 Ce que ça change pour vous : acheter à distance, c'est faire confiance à un intermédiaire. Avant tout engagement, à Abu Dhabi comme à Dubaï, demandez le numéro de licence de votre interlocuteur et vérifiez-le sur les plateformes officielles. Un agent sérieux vous le donnera sans difficulté.

Le chiffre de la semaine

45 % C'est la part des locataires aux Émirats qui disent avoir déjà envisagé d'acheter leur logement, selon une enquête publiée cette semaine auprès de plus de 2 000 locataires : 18 % cherchent activement, et 26 % attendent d'avoir réuni leur apport. Un vivier d'acheteurs résidents qui soutient le marché des biens de milieu de gamme, et donc votre future revente.

Le focus : financer son achat à Dubaï avec un crédit local

Beaucoup d'investisseurs francophones pensent qu'il faut forcément payer comptant à Dubaï. C'est faux : les banques locales prêtent aussi aux étrangers, y compris non-résidents. Mais le crédit vient de renchérir : le 16 septembre, la Banque centrale des Émirats a relevé son taux directeur (le taux de référence qui guide celui des banques) de 3,65 % à 3,9 %, dans la foulée de la Réserve fédérale américaine. Les 5 points à connaître :

  1. Un apport conséquent. Pour un premier bien jusqu'à 5 millions de dirhams, la réglementation autorise un prêt jusqu'à 80 % du prix pour un expatrié (70 % au-delà). En pratique, les banques accordent plutôt 50 à 65 % aux non-résidents. Pour un achat sur plan, le plafond tombe à 50 %.
  2. Taux fixe ou variable. Les offres à taux fixe le sont généralement sur 1 à 5 ans, puis le prêt bascule en variable, indexé sur l'EIBOR (le taux auquel les banques émiraties se prêtent entre elles). Si vous avez un taux fixe en cours, la hausse ne change rien pour l'instant ; elle compte à la fin de la période fixe.
  3. Des frais à prévoir. En plus des 4 % de frais de transfert versés au Dubai Land Department, l'inscription de l'hypothèque coûte 0,25 % du montant emprunté, plus environ 290 dirhams de frais administratifs.
  4. Un dossier complet. Prévoyez passeport, relevés bancaires et fiches de paie des 6 derniers mois (ou bilans si vous êtes indépendant), et une justification de l'origine de votre apport.
  5. Faire le calcul avec et sans crédit. Emprunter en dirhams, monnaie arrimée au dollar, alors que vos revenus sont en euros ou en francs suisses ajoute un risque de change. Comparez avec un financement dans votre pays, et vérifiez que le loyer attendu couvre confortablement la mensualité, même si les taux montent encore.

Le mot de la fin

Vous hésitez entre payer comptant et emprunter, ou vous vous demandez si c'est le bon moment pour négocier ? Écrivez-moi en message privé, je réponds à tout le monde.

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À la semaine prochaine !

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